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Durabilité 7 mars 2026 · 7 min de lecture

Événements MICE et durabilité : les chiffres et les réponses des organisateurs

Plus de 80 % des organisateurs intègrent désormais la durabilité à leurs décisions. Des engagements zéro émission nette d’AIME 2026 aux objectifs carbone thaïlandais, le MICE évolue rapidement : voici les repères utiles aux professionnels.

La durabilité est passée du discours marketing à une exigence opérationnelle centrale dans le secteur des réunions et événements. En 2026, pour la plupart des organisateurs, la question n’est plus de savoir s’il faut l’intégrer au programme, mais comment le faire de manière crédible, la mesurer et en rendre compte.

Trois forces convergentes expliquent cette évolution : les exigences des achats en entreprise, les attentes des participants, notamment des jeunes actifs, et les engagements des destinations, qui commencent à modifier la sélection même des lieux consultés.

Voici ce que révèlent les données et leurs conséquences pour l’organisation de vos événements.

Les chiffres témoignent d’un basculement

Selon les études sectorielles de Creagroup Events, plus de 80 % des organisateurs intègrent désormais la durabilité dans leurs décisions. À ce niveau d’adoption, elle ne constitue plus un facteur de différenciation, mais une exigence de base.

La même étude indique que :

Ces chiffres traduisent une véritable évolution des achats, au-delà des déclarations dans les enquêtes. Les lieux et prestataires qui ne documentent pas leurs engagements sont de plus en plus souvent écartés des appels d’offres avant même l’évaluation.

Les grands rendez-vous montrent la voie

AIME 2026, principal salon professionnel du secteur en Asie-Pacifique, organisé à Melbourne en février, a illustré les progrès des engagements environnementaux à l’échelle d’un événement. Le salon a réuni plus de 1 500 acheteurs qualifiés, accueilli plus de 5 000 participants et présenté plus de 750 exposants de 36 pays, un record.

Ses avancées en matière de durabilité sont tout aussi significatives. AIME est signataire de l’initiative Net Zero Carbon Events, avec l’engagement public de réduire ses émissions directes de 50 % d’ici 2030 et d’atteindre zéro émission nette en 2050. Son directeur général, Matt Pearce, a déclaré qu’AIME était « en bonne voie » vers le jalon de 2030, les émissions du site ayant considérablement diminué grâce aux performances environnementales du Melbourne Convention and Exhibition Centre.

Net Zero Carbon Events est un engagement mondial de la filière, et non un programme propre à AIME. Son adoption s’accélère parmi les organisateurs, les sites d’accueil et les destinations.

Les engagements des destinations recomposent le marché

Les gouvernements et autorités touristiques ne restent plus en retrait. Deux acteurs régionaux majeurs ont fixé des objectifs précis et contraignants :

La Thaïlande a introduit des exigences de réduction carbone pour son secteur des événements et congrès, visant une baisse de 20 000 tonnes de CO₂e d’ici 2030 dans le cadre de sa stratégie nationale de neutralité carbone. Pour les destinations MICE, les sites doivent donc démontrer la crédibilité de leur suivi des émissions et de leurs plans de réduction pour rester compétitifs sur les congrès internationaux et les programmes d’entreprise.

Singapour a lancé la MICE Sustainability Certification en janvier 2024. Ce référentiel formel couvre les approches de management, la réduction du carbone et des déchets, les consommations d’énergie et d’eau ainsi que les pratiques sociales et de ressources humaines. Le MICE singapourien s’est engagé à atteindre zéro émission nette en 2050, conformément à l’objectif national. Pour les organisateurs qui sélectionnent une destination en Asie-Pacifique, cette certification offre un repère clair et vérifiable.

Ces cadres influencent l’éligibilité des sites à certains événements : il ne s’agit pas de simples déclarations d’intention.

Une nouvelle génération de rendez-vous sur la durabilité

Le secteur crée également des espaces dédiés à ces échanges. MeetSleepCycle, qui sera lancé en Slovénie en septembre 2026, réunira 60 professionnels MICE expérimentés, soit 30 acheteurs et 30 prestataires, pour un forum structuré associé à un parcours cycliste accompagné dans l’une des destinations européennes les plus avancées en matière de durabilité. Le format incarne les valeurs débattues : déplacements bas carbone, relations approfondies et découverte du territoire sans l’empreinte d’un grand congrès.

Cette conception — petit format, participants sélectionnés, durabilité intégrée à chaque choix logistique — reflète l’évolution de la filière.

Les attentes des clients et acheteurs en 2026

Les acheteurs d’entreprise, professionnels des achats et de la gestion des déplacements qui commandent des événements, font de plus en plus de la durabilité un critère de sélection à part entière. Selon les données récentes du secteur, près de la moitié des acheteurs MICE privilégient activement les lieux respectueux de l’environnement et les pratiques durables démontrables lorsqu’ils examinent les propositions.

Les conséquences sont concrètes pour les organisateurs :

Le bilan de durabilité fait partie des livrables. Les clients attendent de plus en plus un rapport après événement couvrant les émissions du lieu, la part des déchets détournés de l’élimination, l’origine des produits de restauration et les données de transport. Ces informations alimentent le reporting ESG des entreprises, obligatoire dans de nombreux marchés.

Les certifications de neutralité carbone pèsent dans les achats. Un événement dans un lieu certifié LEED ou BREEAM, assorti de compensations documentées pour les émissions inévitables, peut contribuer aux objectifs environnementaux de l’entreprise d’une manière qu’un événement non certifié ne permet pas.

L’ancrage local renouvelle la RSE. Le rapport Global DMC Partners 2026 MICE Outlook relève que la responsabilité sociétale « dépasse le reporting pour se concentrer sur le soutien aux communautés et aux économies locales ». Bénévolat, achats auprès de fournisseurs locaux et partenariats de territoire deviennent des composantes centrales de la conception, plutôt que des options.

Les points à vérifier en pratique

Qu’il s’agisse d’un programme incentive de 50 personnes ou d’un congrès de 2 000 délégués, voici les domaines où les choix de durabilité ont le plus d’impact :

Choix du lieu

Émissions et transport

Restauration

Déchets

Prestataires

Les référentiels à connaître

Pour structurer une démarche de durabilité à l’échelle de vos programmes événementiels, les références reconnues sont :

Comment les outils de gestion événementielle soutiennent ces objectifs

Suivre la durabilité d’un programme impliquant de nombreux prestataires est complexe. Pour un congrès international réunissant des vols de multiples origines, plusieurs hôtels et des dizaines de fournisseurs alimentaires, assembler manuellement les données d’émissions n’est ni pratique ni fiable.

Les plateformes modernes facilitent ce travail : elles centralisent les données fournisseurs, permettent le suivi de l’empreinte par participant, produisent les bilans après événement et conservent les justificatifs de certification dans le même système que les inscriptions et la logistique.

Pour les organisateurs qui pilotent plusieurs programmes par an, cette intégration dépasse le simple confort : elle devient l’infrastructure indispensable à un reporting crédible à grande échelle.

Sources

D

Daniel Schaurich

Par

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